Et maintenant, une surprise : les pétales de rose. Pas n’importe lesquels, mais des variétés parfumées vendues sous l’appellation « roses comestibles » ou cultivées sans produits chimiques. Les rouges donnent une teinte cerise, tandis que les blancs offrent une saveur d’agrumes. La recette la plus insolite est le pesto rose. Dans un blender, mixez une poignée de pétales séchés (les frais apporteraient une note amère), 50 g de pignons de pin, une gousse d’ail, du parmesan, de l’huile d’olive et une pincée de sel. Ne vous attendez pas à un goût rose prononcé : il sera subtil, une douce note florale qui mettra en valeur les pignons et le fromage. Tartinez-le sur une baguette, ajoutez-le à des pâtes ou servez-le avec un chevreau rôti. En Provence, ce pesto s’appelle « pesto de terroir » et se prépare pour la Fête des Roses en mai. Il se conserve une semaine au réfrigérateur, mais il disparaît généralement en deux jours.
N’oubliez pas les plantes sauvages : le trèfle et le pissenlit. Les fleurs de trèfle rouge sont très sucrées ; séchées, elles servent d’infusion ou peuvent être ajoutées aux biscuits à la place des raisins secs. Les boutons de pissenlit (les capitules jaunes avant leur éclosion) se conservent au vinaigre comme des câpres. Cueillez 50 boutons de pissenlit et versez-y une saumure bouillante (200 ml d’eau, 50 ml de vinaigre, une cuillère à soupe de sel, une cuillère à soupe de sucre et du piment de la Jamaïque). Après trois jours, ils seront croquants et acidulés, avec une légère saveur de miel. Ils se marient à merveille avec du pâté de canard ou de la truite fumée. En Bourgogne, ces « câpres de pissenlit » sont servies dans les tavernes de village, suscitant la curiosité des touristes. Désormais, vous connaissez le secret et pouvez impressionner vos convives en cueillant ces « mauvaises herbes » dans votre propre jardin.
Avertissement : Toutes les fleurs ne sont pas comestibles ; certaines sont toxiques (renoncules, aconit, muguet, jonquilles). Ne cueillez que celles dont vous êtes absolument certaine, ou achetez-les dans des pépinières ou sur les marchés bio – on y trouve souvent des bourses à pasteur, des violettes et des soucis. Lavez délicatement les fleurs à l’eau froide, sans les faire tremper – elles sont très fragiles. Et souvenez-vous : les fleurs sont là pour surprendre, pas pour servir de base. Commencez par un plat au dîner, par exemple une salade de capucines. Observez la réaction de vos amis français lorsqu’ils réaliseront qu’ils mangent des fleurs.
