Un élément clé de la réforme est l’introduction d’un cours obligatoire d’« Éducation financière et juridique » dès la 4e. Les élèves doivent comprendre la différence entre une carte de débit et une carte de crédit, savoir lire un contrat de travail, ce qu’est l’impôt sur le revenu et pourquoi il est essentiel de lire attentivement les clauses avant de signer un document. Des programmes pilotes dans les écoles françaises ont déjà démontré que les jeunes de 14 ans peuvent maîtriser ces sujets avec autant d’enthousiasme que l’histoire du rock. Il est important d’enseigner par le biais de simulations et d’études de cas concrets : par exemple, demander aux élèves d’« acheter » une voiture d’occasion en comparant trois offres incluant tous les frais cachés, ou de déposer une réclamation auprès d’une boutique en ligne qui refuse de rembourser un article défectueux.
Les compétences dites « ménagères » sont tout aussi importantes. Nombre de familles françaises pensent encore que des compétences comme la cuisine, les petites réparations ou la gestion du temps devraient s’apprendre à la maison. Or, en réalité, les parents qui travaillent n’ont souvent ni l’énergie ni le temps d’apprendre à leur adolescent à repasser une chemise ou à changer un fusible. Résultat : 25 % des étudiants français de première année admettent ne pas savoir cuisiner un repas correct, et 40 % n’ont jamais établi de budget mensuel. Les écoles suédoises et allemandes ont déjà introduit des cours d’économie domestique, et depuis, le taux d’endettement des jeunes a baissé de 18 %. Il est temps que la France suive cet exemple, ne serait-ce que par le biais de cours optionnels ou d’une semaine de projet par trimestre.
Le développement des compétences socio-émotionnelles est un autre sujet important. L’école traditionnelle valorise la compétition (notes, classements, examens), mais néglige la coopération, l’empathie et la résolution des conflits. Pourtant, selon une étude de l’université Harvard, ces qualités sont de meilleurs indicateurs de réussite professionnelle que la moyenne générale. Dans les lycées français ayant mis en place des « cercles de communication » hebdomadaires (similaires aux heures de tutorat, mais sans cours magistraux), les élèves discutent de situations concrètes vécues à l’école : harcèlement scolaire, injustices de la part des enseignants, vols d’objets personnels. Ils proposent des solutions et définissent des règles. En deux ans, cette pratique a permis de réduire de 60 % le nombre de conflits avec l’administration et d’augmenter l’assiduité en classe de 15 %.
Parents, si vous lisez cet article, vous pouvez commencer dès maintenant. N’attendez pas de changement immédiat à l’école. Élaborez un « plan d’affaires à la maison » avec votre enfant : demandez-lui de calculer son argent de poche et de trouver un moyen de réduire une dépense de 20 %.
